Après quelques semaines de silence, nous retrouvons enfin le
chemin de notre blog!
Tout d'abord, et pour expliquer le titre du billet, nous
voulons vous annoncer une merveilleuse nouvelle: ce n'est pas vraiment Sao
Paulo qui embarque un nouveau passager, mais plutôt Sophie qui le porte en
elle, nous allons en effet être parents d'ici 6 mois!!
Nous sommes vraiment ravis, et pour les curieux, la
conception ne s'est pas faite en transatlantique mais quelques jours après
notre arrivée en Martinique.
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| Le troisième passager |
Les trois premiers mois sont très vite passés et mis à part une nouvelle sensibilité de Sophie au mal de mer, aucune expression désagréable de la grossesse n'est à déplorer... La future maman est en pleine forme et plus radieuse que jamais. Le futur papa est au petit soin de sa belle et notre complicité, déjà très forte après ces mois de voyage et d'aventures, n'en est que plus renforcée...
En plus de la conception, nous voulons aussi voir la
naissance et la petite enfance de notre bout de chou se dérouler sous le climat
propice des Antilles. Cela fait bien longtemps que nous l'envisagions en fait,
et il temps de le rendre officiel : pas de retour en métropole pour Sao Paulo
et son équipage cette année. Nous allons nous installer en Martinique et mettre
un terme à notre vie de bohème et à notre voyage pour chercher du travail dès
le mois de mai.
Mais il n'est pas encore temps de revenir à la réalité et il
nous reste donc tout le mois d'avril pour profiter d'avoir amener Sao Paulo jusqu'ici.
Revenons d'abord rapidement sur notre retour de Grenade
jusqu'en Martinique, qui n'a pas été de tout repos! C'est en effet là que nous
vous avions laissé lors de notre dernier billet et comme prévu la navigation
s'est déroulé au près... Pour ceux qui ont du mal à s'imaginer ce que cela
représente de tirer des bords face au vent en voilier, voici notre trace GPS
enregistré par mon téléphone grâce à l'application Navionics:
Cette navigation fut sans doute la plus lente de tout le
voyage, puisque nous avons mis 10h30 pour parcourir les 30 milles marins qui
sépare Grenade à Cariacou, soit une moyenne de 2,9 noeuds! Moyenne qui est
cependant à relativiser car comme vous pouvez le voir sur la trace ci-dessus,
nous avons parcouru une plus grande distance que les 30 milles en route
directe... Cette trace est aussi remarquable car on peut voir les différences
importantes de cap sur un même bord, différences dues aux courants qui sont
particulièrement forts dans le canal entre ces deux îles. Autre fait notable:
dès la remontée sous le vent de Grenade, nous avons perdu de la puissance
moteur, problème dû à la prolifération de bactéries dans le gasoil. Ce problème
est récurrent sur ce moteur, certainement à cause de l'impossibilité de
nettoyer correctement le réservoir (pas de trappe de visite...), et malgré le
changement préventif du pré-filtre et du filtre à Gibraltar. Donc dès le début
de notre remontée vers la Martinique, nous savions que nous ne pouvions guère
compter sur l'aide du moteur, car dans la pétole, il nous propulsait tout juste
à 2,5 noeuds... Pas de quoi affoler l'équipage bien sûr car Sao Paulo est à
l'aise au près et nous sommes de toutes façons plus rapides à la voile qu'au
moteur, même quand il est au sommet de sa forme.
Nous arrivons donc de nuit à Cariacou, et après avoir fait
les clearances de départ, nous mettons le cap vers la Martinique. Cette
navigation fut plus facile que la précédente, même si la remontée sous le vent
de l'île de Saint-Vincent fût interminable avec le moteur qui tournait au
ralenti. Et fort heureusement, à l'approche de la Martinique, le vent a adonné
(tourné de façon favorable) et nous a permis de terminer la navigation sur un
seul bord et d'arriver juste avant la tombée de la nuit aux Anses d'Arlet, au
sud-ouest de la Martinique. A noter que nous avons pêché un petit thon à 25
milles de la Martinique. Le lendemain nous faisons route vers notre
"mouillage d'attache" : l'anse à l'Âne. A deux milles de l'arrivée,
le moteur s'arrête définitivement et nous mouillons à la voile. Il faut
souligner l'élégance de notre moteur, qui a jeté ces dernières forces pour
contourner le cap Salomon et nous a permis de ne pas trop galérer dans les
alternances de rafales et de pétoles qui caractérisent le passage de ce cap!
Nous ne lui en voulons pas trop d'ailleurs, car c'est la toute première fois du
voyage qu'il nous fait défaut, et sa robustesse est d'ailleurs remarquable, car
il arrive à tourner malgré un gasoil rendu opaque par les bactéries...
Nous voilà donc de retour en Martinique pour quelques
semaines chez Louise et Luc, la maman et le beau-père de Sophie. Nous profitons
de nouveau du confort de leur maison, des talents de cuisinière et des
multiples attentions de Louise, de l'humour sarcastique de Luc et des anecdotes
sur la vie martiniquaise. On profite même de la voiture d'Alex, le très
"tropicalisé" petit frère de Sophie, quand bien sûr celle-ci est en
état de rouler! J'en profite d'ailleurs pour les remercier de l'accueil qu'ils
nous ont réservé. Bien sûr la famille, ça sert à cela et Sophie leur rend bien
tout l'amour qu'ils lui portent, mais le (presque) gendre que je suis ne peut
que les remercier de leur hospitalité et gentillesse!
Nous apprécions aussi le retour en Martinique pour un aspect
très pratique : la différence de développement est tout de même assez grande
entre ce département français et ses voisins indépendants et beaucoup plus
isolés. A noter notamment l'accès à l'eau, qui est problématique sur beaucoup
d'îles des Grenadines, et le traitement des déchets qui est souvent bien
insuffisant. On trouve aussi une grande variété de denrées alimentaires en
supermaché, ce qui, là aussi, n'est pas du tout le cas aux Grenadines! Il faut
dire aussi que la Martinique est une île magnifique et que la variété de ses
paysages, de ses plages, sa végétation luxuriante n'a absolument rien à envier
à ses voisines. Si on ajoute à cela des infrastructures tout à fait comparables
à la métropole, la perspective de s'y installer nous réjouit tout
particulièrement! Nous ne sommes pas particulièrement matérialistes, mais il
faut bien dire que c'est en voyageant que l'on se rend compte du luxe que nous
offre notre nationalité française, et qu'on l'apprécie d'autant plus! Seul le
coût de la vie, particulièrement élevé, voire même révoltant parfois, et
l'aspect "tout pour la bagnole" nous gênent un peu... Mais bon soyons
indulgents, pour nous les avantages priment largement sur les inconvénients!
Après une visite chez le gynécologue et une nouvelle
échographie, et la réparation nécessaire du moteur, nous voilà de nouveau
libres pour voguer sur les flots de la Caraïbe!
Nous nous rendons d'abord de nouveau aux anses d'Arlet,
d'abord parce que ce mouillage est un des plus beaux que nous connaissons, avec
ses eaux claires peuplées de tortues bien abritées de la houle, et aussi parce
que nous y retrouvons nos amis de Mangaïa, qui y ont carrément élu domicile! On
espère ne pas révéler ici un scoop, mais eux aussi vont rester aux Antilles, et
on est bien content, car on est vraiment sur la même longueur d'onde avec eux :
déjà ce sont nos premiers copains voileux, rencontrés dès Formentera aux
Baléares, on a le même type de bateau et la même façon de voyager, en se
laissant porter par les évènements et les rencontres, avec une préférence pour
le farniente... Ils ont d'ailleurs à peu près la même productivité que nous sur
leur blog, ce qui nous fait nous sentir moins coupables!! Comme ils ont déjà
planifié de nombreuses plongées, ils ne nous accompagneront pas dans notre
remontée vers le nord, mais on se promet de se rejoindre à la Dominique dans
une quinzaine de jours.
Nous mettons ensuite cap vers Saint-Pierre, et nous partons
tôt le matin en espérant pouvoir nous approvisionner en fruits et légumes au
marché, particulièrement abondants et variés dans le nord de la Martinique.
Malheureusement pas de marché le dimanche à Saint-Pierre, mais on ne se sera
pas levé pour rien, car enfin, après des mois de cruelle disette, nous voyons
des dauphins! De petits dauphins sombres, assez nombreux et tout fou fou, qui
sautent et jouent juste au large de Saint-Pierre. On vous fait partager ce
moment en vidéo, on ne se lasse jamais de ses rencontres avec ces si
sympathiques mammifères...
Nous nous couchons tôt, car le départ le lendemain est prévu à... 3h du matin! Et oui, nous souhaitons nous rendre directement à Marie-Galante distante de 70 NM, en passant au vent de la Dominique, et pour arriver de jour, il faut se lever tôt. L'alizé est annoncé assez fort à 25 noeuds, avec 2,5m de houle. On va se faire secouer, mais au moins, cela devrait être rapide. Encore sous le vent de la Martinique pendant les premiers milles, on commence au moteur, avec 2 ris dans la grand-voile et le tourmentin à poste. Cette prudence était nécessaire car quand on se retrouve dans le canal de la Dominique, on file à 6,5 noeuds avec ces quelques mètres carrés de toile! La houle est bien là et comme on la reçoit de travers, Sao Paulo se fait un peu malmener. Et c'est là que Sophie constate à son plus grand regret que son nouvel état s'accompagne d'un bon mal de mer... Elle restera accroché au seau pendant les douze heures de nav, au plus grand désarroi du capitaine, qui a failli changé le programme. Mais devant l'insistance de la courageuse malade, on garde le cap vers Marie-Galante, et hormis les râles de vomissements, pas une plainte ne sortira de sa bouche! On n'a jamais eu trop peur de l'état de la mer à bord de Sao Paulo, l'équipage étant d'habitude insensible à ses désagréments. On fera dorénavant attention et le capitaine se jure de ne plus faire subir une telle épreuve à son second (et son passager!). Le vent molli un peu après le passage du canal et on envoie plus de toile pour filer rapidement vers Marie-Galante. Nous allons mouiller dans la belle baie de Saint-Louis, et là aussi, on aperçoit quelques grosses tortues!
On a bien aimé Marie-Galante, île paisible, couverte de champ de canne à sucre et ponctuée de rhumerie et d'anciens moulins. On apprécie l'atmosphère hors du temps qui y règne, et certains disent qu'elle ressemble à la Guadeloupe il y a 30 ans. On loue un scooter pour une journée pour parcourir l'île. Ce moyen de transport est idéal ici, la circulation n'ayant rien à voir avec la folie routière qui règne sur ses grandes sœurs de la Martinique et la Guadeloupe.
En plus, on fait le tour rapidement et économiquement avec le scooter et nous verrons notamment Gueule Grand Gouffre, très impressionnant!
On a bien aimé aussi le joli village de Capesterre de Marie-Galante, situé au sud-est de l'île, qui est entouré d'un très beau lagon, et dont la plage avec des grands cocotiers est très agréables.
| La plage de Capesterre |
| Les boeufs autrefois très utilisés dans les champs de canne à sucre sont encore très nombreux sur l'île |
| Petite ballade dans les ravines, il fait chaud et ça grimpe! |
| Chat méchant! |
| La côte est de Marie-Galante, déchiquetée par la houle atlantique |
Après cette sympathique ballade en scooter, qui nous a un peu changé de notre quotidien de marin, nous avons enfin des nouvelles de nos amis de Jeu de Mer, rencontrés au Cap-Vert. Ils sont encore au port de Pointe-à-Pitre, mais projettent de partir le lendemain, pour commencer leur remontée vers le nord et le retour vers leur Bretagne. Pas moyen de les rater, nous levons l'ancre immédiatement pour avaler les 15 milles qui nous séparent d'eux. On ne va pas faire les difficiles, mais cette navigation ne fut pas des plus agréables, des grains incessants nous trempant jusqu'aux os!
Pour la suite de nos aventures, avec notamment des photos exclusives de Sao Paulo en pleine navigation prises par Marie, il vous faudra attendre encore un peu, en espérant que l'on soit moins long que d'habitude!!
Nous sommes actuellement à Deshaies au Nord-Ouest de la Guadeloupe, et nous mettons le cap sur les Saintes. On vous embrasse!


Je comprends que vous ne soyiez pas pressés de revenir!!Moi-même ne me serais pas fait prier pour rester!!Le soleil est bon pour l'organisme,faites en bon usage...Ici enfin une journée ensoleillée et douce!pour le repas d'anniversaire de la doyenne!!
RépondreSupprimerSaluez tortues et dauphins pour moi!
Ps:tu ne dis pas ce que tu comptes faire pour le moteur agonisant?!
Continuez,et profitez pour moi..
bISES
Le moteur n'est pas du tout agonisant mon cher papa! Après un nettoyage complet du circuit d'alimentation de gasoil, et le changement des filtres et pré-filtres et surtout l'ajout d'un nouveau produit anti-bactéries efficace, le moteur tourne de nouveau très bien! On a eu quelques petites rechutes depuis le départ, mais à chaque fois, tout est revenu à la normal sans intervention... Pourvu que ça dure! Bises à toi ainsi qu'à ma mamie!
Supprimerfélicitations à vous deux. Je suis un peu jaloux car vous allez faire de ce petit un encore plus antillais que moi ;-) je partage ton analyse économique de la région. La Martinique a un tel potentiel... je serai de passage l'année prochaine dans mon île, j'espère vous y voir. A++
RépondreSupprimerJudicaël