Après une nouvelle longue pause dans la rédaction de notre blog, nous voilà maintenant bien installés en Martinique et il est temps de revenir sur nos dernières aventures.
C'est l'occasion de se souvenir avec joie des moments passés en compagnie de Jeu de Mer! On part sous les grains de Marie-Galante pour les rejoindre à la marina de Pointe-à-Pitre. On accoste à côté d'eux et c'est la première fois depuis le Cap-Vert que Sao Paulo est amarré à un ponton! Dav' lui, bricoleur de l'extrême, apprécie l'immobilité du quai n°8 et il faut dire aussi que l'ambiance qui règne ici est des plus festives! Le départ de Jeu de Mer sera célébré pendant 2 jours avec notamment des inénarrables parties de palets bretons. C'est une sorte de pétanque, avec des petits palets en fonte qui jouent le rôle des boules et une planche en bois délimite le terrain. Le palet doit rester sur la planche sans rebond en dehors. L'équipe qui a ses palets les plus proches du petit gagne autant de points. C'est vraiment un jeu d'adresse, et Gwen, le voisin d'en face, entraîné depuis l'enfance dans sa Bretagne natale, nous a donné une leçon! Comme il se doit, le jeu permet suffisamment de pauses pour s'alcooliser, et les performances des joueurs se dégradent nettement au fil des parties...
Style très méditerranéen de Sophie !
Gwen, champion de Guadeloupe 2013
Le chambrage est de rigueur et le gagnant s'en donne à cœur joie
La pression est à son comble!
Jeu de Mer porte bien son nom et Marie a emmené plus d'une vingtaine de jeux à bord et leur compagnie n'en ai que plus agréable!
Après deux jours, il est temps de quitter le port, et notamment pour Jeu de Mer qui commencent sa longue remontée vers le nord puis l'est. Nous les accompagnerons jusqu'au nord de Basse-Terre.
Sous le vent de la Guadeloupe, dans la pétole, avant d'arriver à la réserve Cousteau (les îlets en face)
Ensemble, nous faisons escale dans la réserve Cousteau, lieu bien géré où le mouillage est réglementé sur bouées et les fonds simplement magnifiques.
Sur la bouée dans la réserve Cousteau. Oui l'eau est turquoise malgré les nuages...
Vu de Jeu de Mer, entre les îlets pigeon et goyave qui constituent la réserve marine
Les poissons coralliens sont très nombreux, avec notamment des perroquets particulièrement gros et colorés!
Et une petite vidéo sous-marine, et la rencontre avec une tortue...
Les filles font les playmates dans ce décor de rêve! Heureux photographe...
Jérem', en train de faire une juste sieste, dans le carré très agréable de Jeu de Mer
Les jours tranquilles se succèdent et l'on profite encore et toujours du climat tropicale et des couchers de soleil.
Sophie fait uine nouvelle démonstration de boulangerie en utilisant toujours notre four palestinien. Le résultat enchante les deux équipages!
Toscane, le quatrième équipier de Jeu de Mer, particulièrement photogénique, fait certes rarement des prouesses intellectuelles, mais fait preuve d'une constante et adorable gentillesse.
Puis on décolle de la réserve Cousteau ensemble avec Jeu de Mer, pour nous rendre à Deshaies quelques milles plus au nord. Une belle brise de sud-sud-est est établie et nous allons faire une magnifique navigation où Sao Paulo et Jeu de Mer seront bord à bord. Un peu plus rapide pour la mise en route, nous filons les premiers, avec le solent hissé pour parer aux rafales éventuelles. Nous voyons alors Jeu de Mer revenir rapidement sur nous toute voile dehors! Jusqu'ici Dav' avait toujours navigué largement sous-toilé et fait en général preuve d'une très saine prudence. Là, le Jouet 10.80 montre tout son potentiel, même chargé comme il est pour les besoins du voyage. Bien sûr, j'affale le solent et envoie le génois pour permettre à Sao Paulo de se défendre dignement. Il s'ensuit une longue course-poursuite à plus de 7 noeuds, où nous avons tout le loisir de nous photographier mutuellement. Jeu de Mer est plus rapide, son équipage montre toute sa dextérité et ils nous distance lentement... Mais notre First 28 a montré sa belle vague d'étrave aux copains, et je regrette simplement de ne pas avoir envoyé le spi!
Un grand moment de plaisir que cette navigation, et les photos et vidéos sont superbes, et uniques en ce qui nous concerne!
D'abord quelques belles photos de Jeu de Mer, avec Basse-Terre en arrière-plan:
Et maintenant, un bel aperçu de notre fier équipage sur notre rapide voilier en pleine navigation, aperçu de plus de 50 jours passés en mer pendant ce voyage...
Des très belles images, et l'une d'elle est maintenant légitimement l'arrière-plan de notre blog. On voit bien l'annexe bien calée sur notre magnifique portique, le solent ferlé sur le pont et l'etai larguable à poste, le génois pleinement déroulé, dont les plis et battements au niveau de la bande anti-UV trahissent les nombreux milles parcourus. On pourrait reprocher au capitaine l'écoute de spi rouge qui pend inélégamment sur le babord de Sao Paulo, mais je dois dire que j'ai vu et revu ces photos et vidéos, tout content de contempler notre bateau de l'inaccessible "Extérieur". Cela change des plans limités qu'offre la surface du pont, et surtout on est fier de voir notre voilier filer à si belle allure, dans un décor aussi magnifique!
De biens beaux moments passés en compagnie de nos amis de Jeu de Mer. Ils ont d'ailleurs fait de nombreux milles depuis, et sont maintenant arrivé aux Açores! Suivez leurs aventures sur leur blog: http://jeudemer.e-monsite.com/blog/ cela vaut le détour et puis on leur tire notre chapeau, une transat' retour, c'est quelque chose! Beaucoup de marins anonymes accomplissent cet exploit chaque année et l'on est toujours heureux de savoir que les copains sont arrivés à bon port et qu'ils ont vécu des aventures formidables!
Nos pensées accompagnent d'ailleurs le courageux groupe de recherche de l'équipage Grain de Soleil, disparu au large des Açores depuis le 24 avril. Vous pouvez suivre leurs recherches et même les soutenir sur : http://graindesoleilmoussette.blogspot.fr/
Même des marins bien préparés peuvent se retrouver dans des situations désespérées en mer. Et leur principal espoir reste le support indéfectible de leurs amis et familles, qui coordonnent les recherches, préviennent les bateaux sur zone, calculent les dérives possibles, etc... Les centres de secours, tels que les CROSS en France, jouent ce rôle dans les premières heures et jours de la disparition. Mais ensuite, la solidarité des marins reste le seul recours. La situation devient alarmante pour cet équipage, puisque les semaines passent sans aucune nouvelle, mais le groupe de soutien reste actif et l'on a vu de nombreux cas de sauvetages de naufragés qui ont dérivé pendant des mois.
Espérons un dénouement heureux dans ce naufrage, et cela nous fait sentir que plus chanceux, d'avoir franchi tous ses milles sans problèmes... Avec Lucas, notre ami italien, capitaine de Simplicius, nous avons bu un verre un soir avec un des membres de l'équipage au Marin. Le monde des voileux est petit, mais la mer reste bien grande et dangereuse!
Les adieux!
Jeu de Mer quitte le mouillage de Deshaies pour leur long périple retour, et nous remettons cap au sud avec pour objectif les Saintes. Cet au revoir matinal fut bref mais plein d'émotions, bon vent les amis!
A noter une rencontre très sympathique avec un jeune couple de voileux, sur un original dériveur en alu tout de jaune vêtu et bien-nommé Passiflore. Beaucoup de points communs avec nous, on passera quelques temps ensemble, à parler de dérive cassé, d'étai arraché, de tortues et dauphins, des bons plans en Dominique et aux Saintes... Bref, encore une belle rencontre, et là aussi, je vous invite à suivre leur blog: https://lacoquillejaune.wordpress.com/ agréable à lire également!
Passiflore
Après une descente sans encombre de la Guadeloupe, on tire quelques bords pour arriver aux Saintes. Enfin "on", c'est une façon de dire, car depuis notre arrivée aux Antilles (en janvier...), Sophie délègue toutes ses responsabilités de navigation à son coéquipier. Celui-ci s'accommode très volontiers de la navigation en solo, mais cela valait le coup d'être signalé! Evidemment les bouleversements internes, qui tendent lentement la peau de son ventre, valent bien quelques siestes quotidiennes, et puis l'embrun perfide peut occasionner une tempête hormonale, qu'aucun capitaine ne saurait affronter... D'ailleurs on ne peut pas dire que naviguer à la voile dans les Antilles soit une tâche bien ingrate, et la volonté d'arriver rapidement et sûrement n'en est que plus grande. Bien sûr, je sais aussi qu'en cas de coups durs, je pourrais tout de suite compté sur mon équipière de choc. Comme il n'y a jamais de coups durs, les siestes ne sont pas dérangées et l'on prend une bouée dans le magnifique mouillage de Terre-de-Haut aux Saintes.
Pour rappel, c'est ici qu'on a nagé avec des dauphins...
Mais où est Sao Paulo? Facile : c'est le plus petit bateau du mouillage...
Une visite du Fort Napoleon qui domine l'île s'impose. Outre le monument qui est superbe, entouré d'un beau jardin peuplé d'iguanes, le musée s'avère très intéressant. Notamment, le récit et les maquettes de la fameuse bataille des Saintes qui eut lieu en 1782 m'ont particulièrement plu. Cette bataille vit la flotte anglaise composée de 35 navires de ligne affronter une trentaine de navires français. La victoire anglaise fut marquée par les caprices du vent et les bateaux en panne pendant plusieurs heures, les ordres du comte de Grasse non suivis par la flotte, et le coup de génie de Rodney, qui pour la première fois dans une bataille navale, rompit la ligne française, et même la capture du vaisseau amiral La ville de Paris, voilier de 54 mètres dont les 3 ponts portaient 104 canons. La légende veut aussi, qu'avant de se rendre et après avoir été isolé de sa flotte et vidé ses munitions pendant plus de 5 heures, le comte de Grasse ait fait tiré une dernière salve en chargeant quelques canons avec sa vaisselle d'argent. Heureusement, les relations franco-anglaises se sont nettement amélioré et maintenant un marin stéphanois emmènent même une fille de la perfide Albion naviguer sur ces eaux autrefois bien convoités... D'ailleurs aucun jet de vaisselle ne fut à déplorer à bord de Sao Paulo!
Les fleurs du jardin...
Un bon morceau d'iguane
Les tortues du coin, nous avons d'ailleurs vu une grosse tortue luth aux Saintes
Vue en direction du pain de sucre, derrière lequel nous avons mouillé quelques jours, et au fond Terre-De-Bas. Et bien sûr Sao Paulo au premier plan!
Les rues du village, plutôt agréables
Classique, la photo du ponton!
Les nombreuses frégates peuplent les ciels antillais
Les Saintes, c'est très beau et le village de Terre-De-Haut est agréable, mais c'est tout de même assez touristique et si l'on se mêle au flot de couillons, on est vite traité en conséquence... On y a tout de même passé des moments très agréables, toujours grâce au calme que nous procure le bateau. Mais la Dominique toute proche nous appelle depuis un moment et l'on quitte les Saintes pour traverser un canal mouvementé...
Au prochain numéro, la Dominique, forêt humide, cascades et nature luxuriante!