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dimanche 29 juillet 2012

Préparation : Travaux dans les fonds - Carénage

il a fallu sérieusement se préoccuper du défaut n°1 de Sao Paulo : les fonds. Les fonds du bateau sont constitués de la coque bien sûr, et d’un contre-moule (merci à Beneteau), qui est collé sur la coque et le tout est ensuite serré par les boulons de quille. Comme le bateau a 30 ans, et qu’il n’y a aucun moyen de nettoyer le contre-moule l’eau circule mal et devient systématiquement huileuse. Si je suis un peu aigri contre Beneteau, c'est parce que ce  contre-moule est très pratique à la fabrication et permet de réduire les temps de production, donc les coûts, mais à l'usage, l'espace laissé libre entre le contre-moule et la coque finit par se boucher, et il faut tôt ou tard tout refaire. Pour Sao Paulo, c'est tombé sur moi!!
Avant les travaux. On a bien essayé de nettoyer sous le contre-moule, mais rien à faire, l'eau des fonds est toujours huileuse!
J’ai d’abord disqué petit à petit le contre-moule.

  
C'est à ce moment là que nous avons eu la chance d'être conseillé par Yann, expert maritime reconnu. Avec diplomatie, il nous a fait passer le message qu’il fallait s’attaquer sérieusement au problème, c’est-à-dire déquiller et stratifier un nouveau contremoule, de préférence par un professionnel. Ledit professionnel s’averera d’ailleurs assez utile pour le déquillage, opération assez simple en somme, mais qui, pour les néophytes que nous sommes, n’est pas très rassurante ! Le déquillage est indispensable pour pouvoir faire proprement la stratification au niveau des boulons de quille (zone cruciale).
Autre argument pour les faire ces travaux importants: le contre-moule avait été disqué au cours de sa longue vie autour de certains boulons de quille. Contrairement aux dires de l’expertise (faite à l'achat du bateau), cela pouvait affaiblir la rigidité de la structure. 
J’ai donc finalement enlevé quasiment tout le contremoule sous les planchers, en laissant intactes les varangues bien sûr, et en percant le contremoule sous les banquettes pour pouvoir nettoyer au mieux
Juste avant d'enlever la dernière grosse partie du contre-moule,  au pied de la descente. Spéciale dédicace  d'ailleurs à notre moteur, qui est aussi un participant à part entière de ce voyage! On l'aime bien, il a ses petits caprices, mais on lui parle gentiment maintenant et il est plus coopératif... 
La marée noire n'est pas autour du bateau, mais dans le bateau! On comprend maintenant bien pourquoi l'eau des fonds était systématiquement huileuse... Je précise que le bateau était sec avant les travaux, c'est vraiment de l'eau qui stagne, coincée dans la boue huileuse

Ensuite, beaucoup de nettoyage! Mais on devrait normalement se débarasser de l'odeur d'huile/fuel qui embaumait Sao Paulo...
 
 


Et voilà le résultat juste avant que le pro ne commence. on voit d'ailleurs qu'il n'y a plus les boulons de quille!
 
Et après le travail du pro:
Le truc noir au milieu, c'est un seau, pas un trou!
6 couches de tissus minimum à fort grammage ont été stratifiées, en une seule fois 

La couche de gelcoat est passé et les boulons sont à poste
Et enfin la finition: la couche de peinture spéciale pour les fonds


Voilà une bonne chose de faite! C'est solide, c'est beau, c'est propre et ça sent bon!! Ce fut tout de même un long travail, plein de rebondissements, et surtout plein de poussières de polyester, qui s'insinuent partout et grattent encore après la 2e douche... Nous ne regrettons pas non plus d'avoir fait appel à un stratifieur professionnel. Nous n'avions jamais fait, ni même vu faire de tels travaux, et nous avons été satisfait de son savoir-faire, et aussi de tous les conseils qu'il a pu nous donner. Même si elle est salée, nous sommes aussi contents d'avoir la facture, qui prouve que l'on n'a pas bricolé ce point névralgique n'importe comment! Ceci dit faire soi-même ce type de stratification n'est pas insurmontable, passer au rouleau plein de résine, des bandes de tissus prédécoupées, est même assez facile. Mais il vaut mieux avoir l'avis d'un professionnel pour vérifier que l'on n'a pas fragilisé la structure. On a tendance à se laisser emporter avec la disqueuse, et couper un endroit important sans trop sans rendre compte, c'est aussi très facile!!

Il y a peut-être beaucoup de lecteurs qui se demandent toujours à quoi peut ressembler un déquillage. Voici quelques photos où l'on voit bien les 11 goujons qui tiennent habituellement la tonne de fonte.





D'une façon pratique, il faut d'abord décoller la quille: desserrer les boulons et faire bras de levier entre la quille et la coque. A la masse et avec un grand bras de levier de préférence! Ca finit par se décoller et craquer (au niveau du puisard sur Sao Paulo, il est stratifié sur le contre-moule...). Ensuite soit on est très fort comme moi:



Soit, si on a peur de fatiguer au bout de 4-5 jours, on cale la quille bien comme il faut sur le ber avec des gros tasseaux de bois et des serre-joints et on enlève complètement les boulons de quilles à l'interieur. Puis les grutiers viennent (très sympas d'ailleurs à la darse nord du Mourillon à Toulon) et lèvent le bateau sur le ber pour laisser ce qu'il faut d'espace pour travailler. Une fois la stratification terminée à l'intérieur du bateau, on refait les trous pour les goujons, on passe 3 ou 4 cartouches de SIKA (très important le SIKAFLEX 291, on y reviendra!), et on refait venir les grutiers pour recoller le tout. On resserre les boulons, et on laisse bien le SIKA sécher. C'est très rassurant de voir du SIKA déborder sur tout autour de la quille, et à l'intérieur vers les boulons. Puis on fait un joint propre au SIKA autour de la quille, et c'est parti pour un moment! Ensuite on a pu enfin faire la sous-marine du bateau, et laisser libre cours à notre imagination...
Sao Paulo va de nouveau flotter, après 1 mois à sec, ça fait du bien!!







A noter, entre autres travaux, la fixation solide de l’échelle sur la jupe, 2 réparations importantes sur le safran in extremis dans les derniers jours, un coupe-orin installé sur l'arbre d'hélice, une peinture antifooling spéciale pour l'arbre et l'hélice, quelques retouches au mastic epoxy sur la quille et la jupe et des retouches de peinture sur la coque. On a eu le temps de faire tout ce qui était prévu, et aussi ce qui était imprévu, ce qui n'est pas une mince affaire! 

Voilà il est beau notre bateau, et même s'il y a encore beaucoup de boulot, on a fait le plus gros et gare à ceux qui voudront l'abîmer:



PS: désolé nous n'avons pas corrigé les nombreuses photos surexposées à cause du SOLEIL! Il faut dire qu'il a été un indéfectible soutien sous les latitudes varoises puisqu'en un mois il a plu trois gouttes pendant dix minutes...