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lundi 15 avril 2013

Aujourd'hui, on a nagé avec les dauphins!

Allez, pour une fois soyons un peu productifs, et avant de décrire plus en détails nos aventures avec Jeu de Mer, nous vous faisons partager notre activité de l'après-midi : on a nagé avec des dauphins! Les copains nous avaient prévenu, dans la baie de Terre-De-Haut, aux Saintes, une maman dauphin et son petit nagent souvent entre les bateaux au mouillage. Cela n'a pas manqué, à quelques mètres de Sao Paulo, on voit les  nageoires dorsales si reconnaissables des dauphins apparaîtrent régulièrement. Pas d'hésitation, on prend les palmes, le masque et le tuba, on va nager avec eux!
Sophie n'aura fait qu'une courte trempette, il n'est pas conseillé aux femmes enceintes de nager avec les dauphins... D'ailleurs, quand elle était dans l'eau, c'est le moment où le petit dauphin a fait le spectacle, et il a fait un saut impressionnant juste à côté de nous! Le reste du temps, ils nagent paisiblement, et Aymeric a passé une heure à nager en leur compagnie... Magique!
Trêve de commentaires, commençons pas un petit montage des vidéos prises sous l'eau :


Et puis quelques photos, prises directement de Sao Paulo :













Nager avec les dauphins, ça donne des ailes!
Voilà, encore une dure journée pour nous!

Ceci dit, pour vous montrer que tout n'est pas absolument rose, nous avons fait une rencontre avec une autre espèce animale, beaucoup moins agréable celle-ci : nous avons trouvé, et tué, notre premier cafard à bord de Sao Paulo. Nous savons que Jeu de Mer mène un combat acharné depuis des mois contre ces désagréables insectes. On m'avait aussi averti que 99% des bateaux aux Antilles ont des cafards à bord, mais j'espérais tout de même être l'exception qui confirme la règle... Allez, une petite photo, qui fera contraste avec les sympathiques mammifères marins:
Le coupable, épinglé sur la lame du leatherman, pas si inoxydable que cela d'ailleurs!
 Bon, pour l'instant ce n'est pas une invasion, c'est le premier et le seul que nous avons aperçu. Il nous reste une dizaine de jours à vivre à bord, et ensuite, la guerre est déclarée!! On va vider le bateau de toute nourriture et tâcher d'endiguer ce fléau...

Pour ne pas rester sur une image aussi désagréable, le cafard n'est pas le seul passager clandestin du bord. Depuis notre départ de la Martinique, j'ai constaté qu'un crabe a élu domicile sur le safran de Sao Paulo. 200 milles parcourus et il se cramponne encore coûte que coûte! Il grossit d'ailleurs et prospère sous la coque de Sao Paulo, qui ne manque pas de nourriture comme vous pouvez le constater...


vendredi 12 avril 2013

Le troisième membre d'équipage

Après quelques semaines de silence, nous retrouvons enfin le chemin de notre blog!
Tout d'abord, et pour expliquer le titre du billet, nous voulons vous annoncer une merveilleuse nouvelle: ce n'est pas vraiment Sao Paulo qui embarque un nouveau passager, mais plutôt Sophie qui le porte en elle, nous allons en effet être parents d'ici 6 mois!!
Nous sommes vraiment ravis, et pour les curieux, la conception ne s'est pas faite en transatlantique mais quelques jours après notre arrivée en Martinique.
Le troisième passager

Les trois premiers mois sont très vite passés et mis à part une nouvelle sensibilité de Sophie au mal de mer, aucune expression désagréable de la grossesse n'est à déplorer... La future maman est en pleine forme et plus radieuse que jamais. Le futur papa est au petit soin de sa belle et notre complicité, déjà très forte après ces mois de voyage et d'aventures, n'en est que plus renforcée...
En plus de la conception, nous voulons aussi voir la naissance et la petite enfance de notre bout de chou se dérouler sous le climat propice des Antilles. Cela fait bien longtemps que nous l'envisagions en fait, et il temps de le rendre officiel : pas de retour en métropole pour Sao Paulo et son équipage cette année. Nous allons nous installer en Martinique et mettre un terme à notre vie de bohème et à notre voyage pour chercher du travail dès le mois de mai.
Mais il n'est pas encore temps de revenir à la réalité et il nous reste donc tout le mois d'avril pour profiter d'avoir amener Sao Paulo jusqu'ici.
Revenons d'abord rapidement sur notre retour de Grenade jusqu'en Martinique, qui n'a pas été de tout repos! C'est en effet là que nous vous avions laissé lors de notre dernier billet et comme prévu la navigation s'est déroulé au près... Pour ceux qui ont du mal à s'imaginer ce que cela représente de tirer des bords face au vent en voilier, voici notre trace GPS enregistré par mon téléphone grâce à l'application Navionics:

Cette navigation fut sans doute la plus lente de tout le voyage, puisque nous avons mis 10h30 pour parcourir les 30 milles marins qui sépare Grenade à Cariacou, soit une moyenne de 2,9 noeuds! Moyenne qui est cependant à relativiser car comme vous pouvez le voir sur la trace ci-dessus, nous avons parcouru une plus grande distance que les 30 milles en route directe... Cette trace est aussi remarquable car on peut voir les différences importantes de cap sur un même bord, différences dues aux courants qui sont particulièrement forts dans le canal entre ces deux îles. Autre fait notable: dès la remontée sous le vent de Grenade, nous avons perdu de la puissance moteur, problème dû à la prolifération de bactéries dans le gasoil. Ce problème est récurrent sur ce moteur, certainement à cause de l'impossibilité de nettoyer correctement le réservoir (pas de trappe de visite...), et malgré le changement préventif du pré-filtre et du filtre à Gibraltar. Donc dès le début de notre remontée vers la Martinique, nous savions que nous ne pouvions guère compter sur l'aide du moteur, car dans la pétole, il nous propulsait tout juste à 2,5 noeuds... Pas de quoi affoler l'équipage bien sûr car Sao Paulo est à l'aise au près et nous sommes de toutes façons plus rapides à la voile qu'au moteur, même quand il est au sommet de sa forme.
Nous arrivons donc de nuit à Cariacou, et après avoir fait les clearances de départ, nous mettons le cap vers la Martinique. Cette navigation fut plus facile que la précédente, même si la remontée sous le vent de l'île de Saint-Vincent fût interminable avec le moteur qui tournait au ralenti. Et fort heureusement, à l'approche de la Martinique, le vent a adonné (tourné de façon favorable) et nous a permis de terminer la navigation sur un seul bord et d'arriver juste avant la tombée de la nuit aux Anses d'Arlet, au sud-ouest de la Martinique. A noter que nous avons pêché un petit thon à 25 milles de la Martinique. Le lendemain nous faisons route vers notre "mouillage d'attache" : l'anse à l'Âne. A deux milles de l'arrivée, le moteur s'arrête définitivement et nous mouillons à la voile. Il faut souligner l'élégance de notre moteur, qui a jeté ces dernières forces pour contourner le cap Salomon et nous a permis de ne pas trop galérer dans les alternances de rafales et de pétoles qui caractérisent le passage de ce cap! Nous ne lui en voulons pas trop d'ailleurs, car c'est la toute première fois du voyage qu'il nous fait défaut, et sa robustesse est d'ailleurs remarquable, car il arrive à tourner malgré un gasoil rendu opaque par les bactéries...
Nous voilà donc de retour en Martinique pour quelques semaines chez Louise et Luc, la maman et le beau-père de Sophie. Nous profitons de nouveau du confort de leur maison, des talents de cuisinière et des multiples attentions de Louise, de l'humour sarcastique de Luc et des anecdotes sur la vie martiniquaise. On profite même de la voiture d'Alex, le très "tropicalisé" petit frère de Sophie, quand bien sûr celle-ci est en état de rouler! J'en profite d'ailleurs pour les remercier de l'accueil qu'ils nous ont réservé. Bien sûr la famille, ça sert à cela et Sophie leur rend bien tout l'amour qu'ils lui portent, mais le (presque) gendre que je suis ne peut que les remercier de leur hospitalité et gentillesse!
Nous apprécions aussi le retour en Martinique pour un aspect très pratique : la différence de développement est tout de même assez grande entre ce département français et ses voisins indépendants et beaucoup plus isolés. A noter notamment l'accès à l'eau, qui est problématique sur beaucoup d'îles des Grenadines, et le traitement des déchets qui est souvent bien insuffisant. On trouve aussi une grande variété de denrées alimentaires en supermaché, ce qui, là aussi, n'est pas du tout le cas aux Grenadines! Il faut dire aussi que la Martinique est une île magnifique et que la variété de ses paysages, de ses plages, sa végétation luxuriante n'a absolument rien à envier à ses voisines. Si on ajoute à cela des infrastructures tout à fait comparables à la métropole, la perspective de s'y installer nous réjouit tout particulièrement! Nous ne sommes pas particulièrement matérialistes, mais il faut bien dire que c'est en voyageant que l'on se rend compte du luxe que nous offre notre nationalité française, et qu'on l'apprécie d'autant plus! Seul le coût de la vie, particulièrement élevé, voire même révoltant parfois, et l'aspect "tout pour la bagnole" nous gênent un peu... Mais bon soyons indulgents, pour nous les avantages priment largement sur les inconvénients!
Après une visite chez le gynécologue et une nouvelle échographie, et la réparation nécessaire du moteur, nous voilà de nouveau libres pour voguer sur les flots de la Caraïbe!
Nous nous rendons d'abord de nouveau aux anses d'Arlet, d'abord parce que ce mouillage est un des plus beaux que nous connaissons, avec ses eaux claires peuplées de tortues bien abritées de la houle, et aussi parce que nous y retrouvons nos amis de Mangaïa, qui y ont carrément élu domicile! On espère ne pas révéler ici un scoop, mais eux aussi vont rester aux Antilles, et on est bien content, car on est vraiment sur la même longueur d'onde avec eux : déjà ce sont nos premiers copains voileux, rencontrés dès Formentera aux Baléares, on a le même type de bateau et la même façon de voyager, en se laissant porter par les évènements et les rencontres, avec une préférence pour le farniente... Ils ont d'ailleurs à peu près la même productivité que nous sur leur blog, ce qui nous fait nous sentir moins coupables!! Comme ils ont déjà planifié de nombreuses plongées, ils ne nous accompagneront pas dans notre remontée vers le nord, mais on se promet de se rejoindre à la Dominique dans une quinzaine de jours.
Nous mettons ensuite cap vers Saint-Pierre, et nous partons tôt le matin en espérant pouvoir nous approvisionner en fruits et légumes au marché, particulièrement abondants et variés dans le nord de la Martinique. Malheureusement pas de marché le dimanche à Saint-Pierre, mais on ne se sera pas levé pour rien, car enfin, après des mois de cruelle disette, nous voyons des dauphins! De petits dauphins sombres, assez nombreux et tout fou fou, qui sautent et jouent juste au large de Saint-Pierre. On vous fait partager ce moment en vidéo, on ne se lasse jamais de ses rencontres avec ces si sympathiques mammifères...




Nous nous couchons tôt, car le départ le lendemain est prévu à... 3h du matin! Et oui, nous souhaitons nous rendre directement à Marie-Galante distante de 70 NM, en passant au vent de la Dominique, et pour arriver de jour, il faut se lever tôt. L'alizé est annoncé assez fort à 25 noeuds, avec 2,5m de houle. On va se faire secouer, mais au moins, cela devrait être rapide. Encore sous le vent de la Martinique pendant les premiers milles, on commence au moteur, avec 2 ris dans la grand-voile et le tourmentin à poste. Cette prudence était nécessaire car quand on se retrouve dans le canal de la Dominique, on file à 6,5 noeuds avec ces quelques mètres carrés de toile! La houle est bien là et comme on la reçoit de travers, Sao Paulo se fait un peu malmener. Et c'est là que Sophie constate à son plus grand regret que son nouvel état s'accompagne d'un bon mal de mer... Elle restera accroché au seau pendant les douze heures de nav, au plus grand désarroi du capitaine, qui a failli changé le programme. Mais devant l'insistance de la courageuse malade, on garde le cap vers Marie-Galante, et hormis les râles de vomissements, pas une plainte ne sortira de sa bouche! On n'a jamais eu trop peur de l'état de la mer à bord de Sao Paulo, l'équipage étant d'habitude insensible à ses désagréments. On fera dorénavant attention et le capitaine se jure de ne plus faire subir une telle épreuve à son second (et son passager!). Le vent molli un peu après le passage du canal et on envoie plus de toile pour filer rapidement vers Marie-Galante. Nous allons mouiller dans la belle baie de Saint-Louis, et là aussi, on aperçoit quelques grosses tortues!
On a bien aimé Marie-Galante, île paisible, couverte de champ de canne à sucre et ponctuée de rhumerie et d'anciens moulins. On apprécie l'atmosphère hors du temps qui y règne, et certains disent qu'elle ressemble à la Guadeloupe il y a 30 ans. On loue un scooter pour une journée pour parcourir l'île. Ce moyen de transport est idéal ici, la circulation n'ayant rien à voir avec la folie routière qui règne sur ses grandes sœurs de la Martinique et la Guadeloupe. 




En plus, on fait le tour rapidement et économiquement avec le scooter et nous verrons notamment Gueule Grand Gouffre, très impressionnant!




On a bien aimé aussi le joli village de Capesterre de Marie-Galante, situé au sud-est de l'île, qui est entouré d'un très beau lagon, et dont la plage avec des grands cocotiers est très agréables.

La plage de Capesterre

Les boeufs autrefois très utilisés dans les champs de canne à sucre sont encore très nombreux sur l'île

Petite ballade dans les ravines, il fait chaud et ça grimpe!

Chat méchant!
La côte est de Marie-Galante, déchiquetée par la houle atlantique

Après cette sympathique ballade en scooter, qui nous a un peu changé de notre quotidien de marin, nous avons enfin des nouvelles de nos amis de Jeu de Mer, rencontrés au Cap-Vert. Ils sont encore au port de Pointe-à-Pitre, mais projettent de partir le lendemain, pour commencer leur remontée vers le nord et le retour vers leur Bretagne. Pas moyen de les rater, nous levons l'ancre immédiatement pour avaler les 15 milles qui nous séparent d'eux. On ne va pas faire les difficiles, mais cette navigation ne fut pas des plus agréables, des grains incessants nous trempant jusqu'aux os!
Pour la suite de nos aventures, avec notamment des photos exclusives de Sao Paulo en pleine navigation prises par Marie, il vous faudra attendre encore un peu, en espérant que l'on soit moins long que d'habitude!!
Nous sommes actuellement à Deshaies au Nord-Ouest de la Guadeloupe, et nous mettons le cap sur les Saintes. On vous embrasse!