Après une semaine très agréable passée à La Palma, il est temps de mettre les voiles! Depuis quelques temps, nous avons hâte de faire cap au sud, et c'est pour maintenant.
Nous avons fait l'avitaillement, le plein d'eau et on a changé notre bouteille de gaz. On a à manger et à boire pour plusieurs semaines, pas de soucis de ce côté-ci!
on ne devrait pas mourir de faim...
Les derniers bricolages ont été fait sur le bateau, notamment installer un réflecteur radar sur le pataras quasiment en tête de mât (je suis sceptique sur l'efficacité de ce truc, mais au moins, on ne pourra pas me reprocher de ne pas en avoir mis un!), les cadènes de pataras ont aussi été resserrées. J'ai aussi réinstallé le porte-canne sur le balcon bâbord, et on a investi dans une vrai canne à pêche pour la traîne et quelques leurres supplémentaires! Enfin dirons certains, et on espère que notre investissement sera récompensé...
Sao Paulo vu de haut
800 milles nous attendent donc, soit presque 1500 km, et la météo nous annonce 20 noeuds de vent au portant pour toute la traversée. On est en plein dans les alizés donc niveau manoeuvres, cela devrait être plutôt calme!
On vous souhaite en tous cas une bonne rentrée dans l'hiver, nous on devrait voir le thermomètre monté petit à petit au fil de la traversée...
On vous embrasse, on a une semaine à passer en tête à tête, avec l'océan atlantique pour tenir la chandelle!
Le Teide au lever du jour (sur l'île de Tenerife, c'est le point culminant de l'Espagne!)
Après une petite nav et un stop de quelques heures à Ténérif nous voici au port de Santa Cruz de la Palma, nous espérions avoir une place et pour le coup nous en occupons 2...le port est pratiquement vide! Il faut dire qu'étant l'île des Canaries la plus au nord ouest ce n'est pas forcément une escales prisée par les candidats à la transat.
Mais nous ne regrettons pas notre choix, la ville est magnifique, pleines de façades colorées et de maisons typiques aux balcons de bois sculptés.
Un bien étrange nuage...
Demain, nous louons une voiture, pour visiter l'intérieur de l'île, et notamment l'immense caldera de Taburiente, qui est semble-t-il une des plus grandes du monde. De belles photos à venir, nous l'espérons, si la météo nous épargne un peu. Cette halte dans un port est aussi l'occasion de faire quelques bricolages, pour préparer les longues navigations à venir. C'est notre dernière escale dans un port "européen" avant la transat, et on en profite pour faire quelques ajustements. On a installé la prise du pilote auto de secours, une nouvelle montée au mât pour changer la poulie de drisse de spi qui frottait un peu trop sur l'étai et faire l'inspection de rigueur. Enfin un peu de rangement, qui n'est pas tout à fait terminer, mais qui devrait améliorer le confort en nav.
Nous allons aussi profiter de notre voiture de location pour faire un (très) gros avitaillement. Il s'agit de ne rien oublier, on ne trouve pas de tout au Cap Vert, donc nous prévoyons déjà pour la transat...
Nous allons aussi pouvoir faire à La Palma le plein d'eau, qui est de très bonne qualité ici, contrairement à d'autres îles des Canaries (surtout Lanzarote et Fuerteventura, qui sont désertiques et n'ont que de l'eau issu d'usines de dessalage). La Palma a d'ailleurs été de tout temps une escale prisée pour cette raison, et le premier d'entre nous, Christophe Colomb y est d'ailleurs passé à plusieurs reprises. Il se dit cependant que la qualité de l'eau n'était pas la seule raison de ces passages répétés, mais qu'une femme en serait le motif plus secret! Ce qui se comprend ceci dit, avant une telle traversée, avec les conditions de l'époque... Nous avons la chance, nous, couple navigateurs, de ne pas connaître ce genre d'abstinence!!
Sur ces paroles pleines de romantisme, nous vous disons à bientôt, pour un nouveau billet sur la Isla Bonita!
Notre mouillage vu du sommet du volcan, Lanzarote en arrière plan
Toujours au sommet du volcan...
En prime, 2 vues panoramiques du passage entre Graciosa et Lanzarote, c'est beau, très beau...
Du Sud Ouest est annoncé et par conséquent l'obligation de
quitter ce mouillage exceptionnel...on y serait bien restés quelques jours
encore...
Prochaine destination, Arrecife, qui est la capitale de
Lanzarote et seulement à 25 milles...une petite nav, cool!!
On met tout de même le réveil afin de partie de bonne heure et nous quittons la Graciosa accompagné du Folie Douce nommé Chavinge d'Ambre et Clément (un jeune couple breton).
Le départ de Graciosa, le kayak suspendu aux bossoirs, et le volcan qui nous laissera un souvenir impérissable!
Après une petite nav au moteur, nous entrons dans la passe et dinstinguons une embarcation familière au mouillage...Simplicius avec à son bord Lucas et Fabien. On va donc leur faire la causette et apprenons que le seul mouillage autorisé est bien loin du centre ville, ils ont eu la chance de rester deux jours au plus près mais se sont vu dans l'obligation de quitter les lieus...bon on fait quoi?! Allez on tente quand même qui sait on arrivera peut être à passer entre les mailles du filet?! Mais manque de bol, à peine sommes nous engagés dans l'entrée qu'un cow-boy du port nous fait des grands gestes impérieux et nous devons faire demi-tour...
On retourne donc mouillé derrière les deux loups de mer. Et voilà Ambre et Clément qui arrivent, et tente aussi leur chance pour le mouillage proche du centre. Comme tout le monde ils reviennent rapidement mouiller à nos côtés. Ce mouillage n'est pas très agréable, trop proche du bruyant port de commerce et nous le quittons le lendemain. Dommage car la ville d'Arrecife est très belle et notre promenade y fut plaisante.
Arrecife
Toujours Arrecife...
Nous avons tout de même eu le temps de passer une très agréable soirée avec les équipage de Simplicius et Chavinga, poulpe au menu, et rhum vieux pour la boisson! Nous étions d'ailleurs curieux de savoir comment c'était passé la navigation de Simplicius jusqu'aux Canaries: partis un jour plus tôt que nous de Gibraltar, ils sont arrivés... 24 heures plus tard!! Et oui, le voilier en acier à quille longue ne peut pas vraiment lutter contre le déplacement léger de Sao Paulo...
Le magnifique repas concocté par Lucas sur Simplicus!
L'appel d'une bonne douche chaude après 10 jours se faisant
sentir (dans tous les sens du terme!), nous décidons d'aller au port, à MarinaRubicon, sur la côte sud de Lanzarote. Cette marina est moderne et très
réussie, c'est la moindre des choses d'ailleurs, car le prix est élevé (23€ la
nuit). Nous y restons 3 nuits, le temps de faire des lessives, de laver le
bateau, et surtout de réparer l'étai largable. En effet, après plusieurs
montées au mât, la pièce en carbone est de nouveau en place en tête de mât,
plus solidement qu'avant nous l'espérons!
Il est temps de quitter les îles désertiques orientales des
Canaries, pour nous rendre à Grande Canaria, et plus précisément à Las Palmas,
la "capitale" des Canaries. Une navigation d'un peu moins de 100
milles, qui se déroule parfaitement et rapidement. Nous croisons d'ailleurs
quelques magnifiques tortues de mer oranges spécifiques des Canaries (pas de photo... on allait trop vite!!).
A l'arrivée, inutile d'essayer de trouver une place au port,
celui-ci étant réservé quasiment entièrement par l'ARC, course/croisière
organisée de Las Palmas à Sainte-Lucie. L'inscription à ce rallye garantit une
impeccable organisation, mais le coût élevé (3000$ !!) et, il faut le dire, l'omniprésence
d'équipages anglo-saxons sur des gros bateaux ne correspond pas à notre
programme, nous n'avons pas les mêmes valeurs!! Nous rejoignons donc le grand
mouillage situé devant le port, en compagnie de nombreux bateaux français, dont
Simplicius. Nous y retrouvons aussi Thelonious Sphere, qui était avec Sao Paulo
sur l'aire de carénage à Toulon. Partis début août, ils ont prit leur temps, ce
qui nous a permis de les rattraper. A noter que Sandrine, la très décidée
cheffe de bord de Thelonious sphère est une collègue de DCNS, et c'est avec
grand plaisir que nous nous sommes racontés nos aventures.
Las Palmas est une étape incontournable de notre trajet: on
sent ici la fièvre de la préparation pour la transat'. On trouve dans tous les
bars des annonces d'équipiers en recherche de bateaux, qui nous sollicite
d'ailleurs dès qu'on pose le pied à terre. Evidemment nous sommes complets,
mais c'est ici que les "bateaux-stoppeurs" ont le plus de chance de
trouver une embarcation. Nous écrivons d'ailleurs ce billet dans le
"Sailor's bar" où se croise les équipages, on parle du Cap Vert, du
Brésil, des Antilles, du meilleurs endroit où faire l'avitaillement, etc. Par
ailleurs Las Palmas est une très jolie ville, malgré le front de mer bétonné,
comme souvent en Espagne.
L'occasion de faire une nouvelle soirée très sympa avec nos compères de Simplicius, on refait le monde, et on rit aux larmes des histoires de Lucas, irrésistible avec son accent italien!
Ils nous quittent d'ailleurs pour faire route sur le Cap Vert. De notre côté, nous prévoyons d'aller visiter l'île de La Palma. 150 milles nous attendent, à priori au moteur car la pétole s'est installée, et il faut se bouger avant l'arrivée d'une dépression...
Un petit mot sur la météo: nous n'avons pas eu jusqu'à maintenant de beau temps durable. Il y a constamment des grains pluvieux qui viennent gâcher le beau ciel bleu. Il semble que cela soit la météo de la saison... Il fait cependant assez doux, et rien à voir avec un mois de novembre métropolitain. On a hâte cependant de faire route au sud et de voir le thermomètre grimpé...
A bientôt!
Après quelques semaines en mer, il est temps de faire un bilan de notre préparation, et de présenter comme on a bichonné Sao Paulo, pour qu'il nous mène confortablement aux Antilles.
Cabine avant
Pendant l'hiver (2011-2012), le bateau étant à La Ciotat et
nous résidant et travaillant à Toulon, il n'a pas été très facile d'avancer sur
la préparation. Cependant la première chose de faite fût... d'améliorer le
confort de la couchette! Si le capitaine veut espérer conserver son équipage
jusqu'au bout, vaut mieux que le sommeil soit réparateur! L'objectif ici était
de surélever la couchette et d'ainsi augmenter la place pour les pieds. En
effet, les deux équipets d'origine (déjà démontés sur la photo), ne laissait
que 15 cm au bout... Supportable pour quelques semaines l'été, mais
difficilement envisageable pour vivre à plein temps. L'avantage était aussi
d'offrir un nouvel espace de rangement assez vaste sous la couchette. Bien sûr,
ceci est au détriment de la place disponible en hauteur, mais on a choisit de
partir sur un first 28, faut assumer, on ne peut pas tout avoir! Concrètement,
le bricolage consista à faire une armature en tasseau de bois, et d'ensuite
faire un sommier à lattes sur cette armature.
Les anciens matelas n'étant
forcément plus à la bonne dimension, on a fait découpé de la mousse bultex,
confort garantie! Ensuite, on n'a plus rien fait, puisque c'est Yolaine qui
nous cousu les housses et les poches de rangements, puis Fanny, avec son grand
talent de couturière nous a confectionné les poches du fond et fait des
draps-housses aux dimensions des couchettes.
Voici le résultat final:
A l'usage on est vraiment très content du travail de nos
supers couturières, les poches c'est vraiment très pratique. Le confort des
couchette est convenable, même si bien sûr, cela n'a rien à voir avec le king
size en latex que nous avons abandonné pour ce périple. De même le rangement
sous la couchette était vraiment indispensable.
Réservoir d'eau
A l'origine Sao Paulo était équipé d'une unique vache à eau
triangulaire disposée sous la couchette avant, nous l'avons bien sûr conservé,
même s'il a fallu la changer juste avant le départ, à cause d'une fuite que
nous n'avons pas réussi à réparer. En même temps, cette vache à eau datait de
2005, et même si les 300 et quelques euros mis dans la nouvelle (une VETUS) ont
fait mal juste avant de partir, on ne plaisante pas avec l'eau!! Comme 100
litres n'était pas suffisant, il a fallut trouver un emplacement pour un
nouveau réservoir. La logique voulut qu'on l'installa juste derrière la
précédente, afin de faciliter les connexions. Une cloison a du être sciée et la
plomberie revue. Ainsi faite, on peut à la fois remplir et puiser dans chaque
réservoir séparément, ce qui est très utile pour gérer convenablement notre
réserve d'eau. A l'usage, on a constaté qu'il fallait bien enlever tout l'air contenu
dans les réservoirs lors du remplissage, et pour cela, les connexions rapides
se sont avérées fort utiles!
A noter que trouver les connexions de plomberie adaptées au
bon diamètre de tuyau est une galère sans nom. Je ne compte plus les jurons en
constatant que, malgré mes boîtes pleines de raccord, il manquait
systématiquement celle dont j'avais besoin!!
On voit également sur la photo de droite le sommier à latte décrit
plus haut, ainsi que la possibilité de soulever l'ensemble de la couchette
grâce à des charnières (astucieusement je dois le dire!) installées tout à
l'avant.
Electricité
Le panneau électrique d'origine de Sao Paulo montrant quelques signes de fatigue, j'ai décidé de le refaire complètement. Pour cela, il a fallu d'abord tout enlever, et refaire un nouveau tableau. J'ai commandé sur conrad.fr des interrupteurs (avec diodes qui s'allument), des portes-fusibles (qui s'allument lorsque le fusible est grillé), une plaque en aluminium et... beaucoup de cosses! C'est un travail long et fastidieux, mais qui m'a permis de connaître parfaitement mon installation électrique, et d'avoir quelques garanties sur la fiabilité. Pour ajouter une touche d'originalité, le contour du bateau est dessiné sur la plaque en alu, et l'interrupteur de chaque consommateur est placé à l'endroit même où il se situe sur le bateau! (voir la photo). J'ai également ajouté un voltmètre, un ampèremètre et un horamètre pour les heures moteur. L'ensemble est beaucoup moins onéreux qu'un panneau acheté tout fait, et plus flexible, et fonctionne parfaitement jusqu'à aujourd'hui. Cela représente cependant une grosse charge de travail, que j'ai étalée sur plusieurs mois. Il y a en effet un grand nombre de cosses à sertir et de câbles à faire passer, même si j'ai gardé la plupart des câbles existants.
La table à carte et le tableau démonté
L'ancien tableau électrique et le nouveau (avec son film de protection). L'ancienne VHF est encore là.
La table à carte, en configuration finale, avec le nouveau panneau. Voir aussi la partie électronique et informatique
Pour la production d'énergie, nous avons opté pour un panneau solaire. Grâce à PA, nous avons eu à un prix très intéressant pour un panneau de 120W et le régulateur qui va avec. Pour le stockage, nous avons eu un très bon prix sur une batterie gel 220AH, toujours grâce à PA. La technologie gel est vraiment la meilleure pour les batteries. Elle supporte en effet les décharge complètes, est étanche, et convient parfaitement pour démarrer un moteur. Par souci de simplicité, j'ai donc enlevé toutes les anciennes batteries de Sao Paulo, batterie moteur comprise, pour ne garder que la batterie gel. J'ai seulement une batterie 70 AH en secours, qui est complètement déconnectée. A l'usage, tout cela fonctionne parfaitement. La batterie gel a une inertie fantastique et nous permet d'être autonome même en cas de ciel nuageux pendant plusieurs jours. Ceci bien sûr, sans utiliser le frigo, qui est de très loin le plus gros consommateur à bord.
A noter que la batterie gel pèse tout de même 66kg, nous l'avons donc solidement amarrée. Le panneau solaire a pour dimensions: 1500*650mm, ce qui est assez gros pour Sao Paulo!! D'où la nécessité d'installer un portique à l'arrière, chapitre suivant.
Portique
Le très gros panneau nécessite donc une installation robuste et qui ne gène pas le passage vers la jupe. Ce portique m'a causé bien des soucis pendant les semaines de préparation, car c'est très onéreux de le faire sur-mesure. Afin de limiter les coûts, et après d'intenses réflexions, j'ai confectionné un gabarit en bois pour relier entre eux les 2 balcons arrière. J'ai amené le tout à IcomeINOX, une petite boîte qui travaille l'inox sur Toulon très sympa d'ailleurs. Ils ont soudé le portique directement sur les balcons, aux dimensions que je leur avais indiquées. Le gabarit en bois a donc permis d'éviter la prise de mesure sur le bateau, ce qui gonfle considérablement la facture. Cela nous a tout de même coûté environ 1800€, ce qui est considérable pour notre budget, mais nous sommes très content du résultat: le portique est très rigide et ne bouge absolument pas. Tellement rigide que nous avons fait installer des bossoirs, qui nous permettent de suspendre l'annexe, ou de déplacer facilement le moteur hors-bord.
Le magnifique gabarit en bois, que je vais certainement breveté...
La pose du panneau solaire, qui finalement n'est pas si gros que ça (on a eu peur!!)
Le test de résistance, concluant!!
Peinture de pont
Nous avons aussi repeint le pont, opération très fastidieuse, car le ponçage nettoyage, masquage demandent beaucoup de temps. Sophie a quasiment tout fait, avec l'aide de Titou et Julien.
Le pont avec les bandes de masquage
La peinture de Sao Paulo était écaillée en de nombreux endroits, le coup de neuf a donc fait beaucoup de bien. A l'usage, nous sommes cependant déçus par la peinture anti-dérapante, qui est un peu trop glissante à notre goût...
Electronique & informatique
Vaste sujet que l'électronique en préparation d'un tel voyage. L'offre est pléthorique et globalement très coûteuse. A l'origine, Sao Paulo est peu équipé, et dispose principalement d'un GPS, le FURUNO GP-32, que je ne changerais pour rien au monde. Très fiable, robuste et peu gourmand en énergie, c'est l'élément central de notre installation. Ce n'est pas un GPS cartographique, il nous donne simplement notre position et la route à suivre. Il dispose aussi d'une fonction d'alarme de mouillage, qui est très utile et permet de dormir tranquillement (l'alarme se déclenche si nous sortons d'un cercle défini).
Sao Paulo disposait également d'une VHF ASN, mais nous l'avons changé pour une VHF ASN qui fait aussi AIS, agrémentée d'une fonction MOB et d'un combiné déporté (Modéle: Radio Ocean 4800):
AIS: cette fonction est très pratique et a été le principal motif de changement de VHF. Elle permet d'avoir la position, le cap et la vitesse de tous les bateaux émetteurs situés dans les parages. Interfacé avec l'ordinateur et OpenCPN, c'est vraiment très sécurisant et très visuel: on voit directement sur la carte où sont les cargos et où ils vont, Sophie adore!!
Fonction MoB (Man Over Board): il s'agit d'un petit bracelet que porte l'équipier de quart. Si le bracelet s'éloigne de plus de 100m du bateau, une forte sonnerie retentie à la VHF. Un bouton sur le bracelet permet aussi de déclencher l'alarme. Nous naviguons en double, et sommes donc très souvent seuls sur le pont pendant que l'autre dort, cette fonction est vraiment un plus incontestable pour la sécurité
Combiné déporté: Utile pour utiliser la VHF tout en étant à la barre.
Nous nous sommes également équipés d'une girouette-anémomètre électronique, qui nous donne, comme son nom l'indique, la force et la direction du vent. Nous nous en sommes passé pendant 2 ans, et avons donc bien appris à sentir par nous-même le vent, mais pour un tel voyage, c'est aussi un élément de sécurité, qui permet de déterminer quand nous devons réduire la voilure (au portant, on n'a pas toujours conscience que le vent réel a fraîchit). Nous avons opté pour le modèle Micronet Tacktick basic, qui présente l'intérêt d'être sans fil et est alimenté par 2 minuscules panneaux solaires situés sur le capteur vent. L'installation est donc très facile et n'oblige pas à faire passer un câble dans le mât. Cependant, après quelques jours sans soleil, le capteur est déchargé et l'information n'arrive que périodiquement.
J'ai aussi investi dans l'interface NMEA, qui permet de s'interfacer avec le PC (voir plus bas).
Navtex: nous avons choisi de nous équiper d'une recepteur NAVTEX qui permet, normalement, de récupérer la météo et les AVURNAV jusqu'à 400 milles nautiques des côtes. Nous avons choisi un modèle USB et nous lisons les infos stockées par le boîtier sur le PC. A l'usage, je suis un peu déçu, car nous ne recevons pas systématiquement les bulletins dans des zones normalement couvertes. Je ne sais pas si cela vient de mon installation, et notamment de l'installation de l'antenne...
Informatique: J'ai réussi à relier toute l’électronique de bord au PC. J'utilise, comme de nombreux navigateurs, le logiciel open-source OpenCPN. Benoît, de Mangaia, m'a très aimablement fourni les cartes pour le monde entier, ce que je n'avais pas eu le temps de récupérer avant le départ. Grâce à l'interface NMEA mikronet tacktick, le PC reçoit par le port COM la position GPS (qui vient du GP-32) et les informations vent de l'anémo (merci à Alain pour la soudure de la prise DB9!). Sur un port USB, les infos AIS sont reçus en provenance de la VHF. Tout cela fonctionne globalement très bien et OpenCPN me donne entière satisfaction.
J'utilise aussi énormément mon téléphone portable pour la navigation. J'ai en effet acheté au prix défiant toute concurrence de 10€ l'application Navionics Europe. Une fois les carte téléchargées (à faire en wifi, sans surcoût), je dispose sur mon portable de toutes les cartes de détail pour l'Europe jusqu'aux Canaries. Je suis extrêmement satisfait de cette application et cela remplace très avantageusement (surtout au niveau financier) un GPS cartographique. Mon téléphone est un motorola defy, sous android, qui est étanche, même si l’écran tactile est inutilisable une fois mouillée. Je précise (pour les geek) que j'ai installé une version d'android spéciale, une rom cyanogen mod 7, qui fonctionne incroyablement mieux que les installations standards fournies pour les opérateurs. Je précise que j'ai déjà acheté 3 defy d'occasion sur Internet (entre 100 et 130€), les 2 premiers ayant terminés leurs vies au fond du port de Toulon. Cette application Navionics a été le motif du rachat systématique, et je ne regrette absolument pas!! J'ai déjà acheté, toujours pour 10€, Navionics Caribeans & USA, qui sera très utile de l'autre côté...
Le GP32 en haut à gauche, le PC posé sur la table à carte avec OpenCPN en marche, et en haut à droite, mon téléphone avec l'application Navionics
Nous avons investi également dans une balise de détresse 406 Mhz. C'est de notre point de vue un élément indispensable pour une telle navigation, c'est un peu notre assurance-vie!! En cas de problème majeur, le déclenchement de cette balise, à couverture mondiale, active le dispositif de secours du SMDSM.
Nous sommes également équipé d'un téléphone satellite IRIDIUM, qui permet de téléphoner, de recevoir des SMS et de faire un peu de data (pour la météo) n'importe où, même au plein milieu de l'atlantique. C'est cher à la minute, et le terminal n'est pas donné (800€ d'occasion en ce qui nous concerne), mais c'est diablement pratique...
La capote de roof
La capote de roof était pour nous un élément indispensable à acquérir pour réaliser ce voyage. Et nous n'avions pas tort!! Nous sommes vraiment très content de notre capote et nous ne comptons plus les moments où nous nous félicitons de sa présence protectrice!
J'ai fait réalisé les arceaux par IcomeINOX, la même entreprise qui a fait notre portique. Ensuite c'est Valérie qui a fait tout le boulot de sellerie (ça tombe bien, c'est son métier, sellerie de l'odyssée). Elle a fait travail superbe, la capote est parfaitement étanche, offre une bonne visibilité, et en plus, s'intègre très bien à la ligne de Sao Paulo et lui donne un aspect robuste et racé. Les compliments ont été nombreux sur la route et je pense que nous faisons beaucoup d'envieux. C'est maintenant véritablement le point fort de Sao Paulo.
Valou devant son oeuvre !
Divers
La préparation ayant été particulièrement chargée, il est difficile d'être exhaustif, mais voici quelques autres tâches ardues que nous avons réalisées avant le départ:
Les placards de la cuisine était tapissés de moquette (sic!!), ce qui est d'origine je pense. C'était évidemment dégueulasse (pas d'autre mot). Nous avons donc tout arraché, poncé, nettoyé puis repeint. C'est particulièrement ingrat comme travail... mais c'était indispensable
Nous avons démonté beaucoup de d'accastillage sur le pont de Sao Paulo. Notamment nous avons enlevé 3 rails de fargue sur 4, car il y avait des fuites d'eau à l'intérieur, et nous en avons changé un (plutôt onéreux, merci à beneteau pour les frais de port exorbitant...) Là aussi, c'est un gros boulot: démonter, nettoyer, mastiquer, positionner, coller au SIKA, visser tout en cintrant le rail...
Le rail arrière babord demonté. On voit bien que le vieux SIKA a fait son temps...
J'ai aussi acheté une nouvelle ancre, une FOB Rock, qui semble avoir, comme je l'espérais, une excellente tenue. L'ancienne ancre plate sert maintenant de mouillage secondaire.
La FOB Rock, peinte en orange pour bien la distinguer au fond de l'eau
En conclusion, nous remercions bien sûr tous les gens qui nous ont aidé, sans qui nous ne serions toujours pas partis à l'heure actuelle!! Nous avons été très agréablement surpris de l'adhésion qu'a suscitée notre projet, et toute cette aide nous a donné du courage pendant ces longs mois de préparation.
Nous sommes aujourd'hui très content du travail accompli. Le bateau est confortable et toujours aussi rapide. Nous sommes très bien équipés et nous sentons en sécurité. La navigation de Gibraltar jusqu'aux Canaries, qui fut difficile, nous a donné de nombreux gages de satisfaction et nous nous sentons prêt aujourd'hui à faire le grand saut!
7h30: Allez debout!! Et autant vous dire que ce n'est pas facile de se lever aussi tôt quand depuis 1 mois et demi on suit le rythme et les envies de notre organisme!
Petit dèj, vaisselle, plein d'eau (on a fait le plein de gasoil à Gib en détaxe!), omelettes et pommes de terres fait la veille au frais, une bonne dernière douche, le plein de pain et on est prêt pour le grand départ.
C'est avec la pluie (pour changer un peu) que l'on vérifie une dernière fois la météo à la capitainerie puis on hisse les voiles (GV et génois) et nous voilà parti à plus de 6 noeuds bercés par le bruit des cornes de brumes.
Mangaia part en même temps que nous, mais nous devons dire que nous l'avons rapidement distancé!
12h00: Visiblement on a fait une erreur dans nos calculs, ou alors les instructions nautiques ne sont pas bonnes, on avance à 3,5 noeuds pendant 2 heures (en vitesse fond) alors que Sao Paulo devrait marcher marcher à au moins 5,5 noeuds, nous avons donc le courant contre, alors que nous avions prévu l'heure de départ pour l'avoir avec nous...
A l'approche de Tarifa le vent fraîchit et la mer se creuse. On prend un peu tarif à Tarifa, on passe le cap en même temps qu'un gros catamaran avec à leur bord des matelots sautant de joie, tout comme nous!
Il s'ensuit une chevauchée fantastique de 6heures à 7,5noeuds de moyenne, dont 2 pointes à plus de 10 noeuds....le capitaine est euphorique! Il faut dire que nous sommes notoirement surtoilé (GV 1ris+génois), soit quasiment toute la toile avec 30 noeuds de vent!!
La mer est creusée et déferle pas moment, on n'est à Gibraltar pour rien.....
Nous sommes ainsi officiellement en Atlantique et Sao Paulo est plein d'ardeur.
A la tombée de la nuit le vent et la mer se calment un peu, on affale tout de même la grand voile afin que Joe (notre pilote auto et meilleur ami!) puisse barrer tranquillement.
A noter les exercices des sauveteurs devant Tarifa, c'est toujours impressionnant de voir les hommes grenouilles passer d'un hélico à un bateau...
Mercredi 7 novembre:
Sophie se lève avec l'agréable surprise de constater que son bien aimé n'est pas seulement un capitaine magnifique mais aussi un pêcheur hors pair...ou serait ce juste l'arrivée en Atlantique?! 4 poissons en moins d'heures, c'est plus que durant nos deux années de nav en méditerrannée!!
On est tellement obnubilé par cette pêche miraculeuse qu'on remarque un peu tardivement un gros grain bien noir sur noir devant nous, on a à peine le temps d'enrouler le génois qu'on se prends une bonne grosse baston! En 5min le vent passe de 15 à 40 noeuds avec une pluie battante. Après un bon quart d'heure ça se calme enfin et heureux est de constater qu'il n'y a pas de casse.
Voilà une belle photo d'un grain, même si celui n'était pas très méchant (il n'est pas assez noir!)
Notre vigilance est pour le coup accru et nous scruterons chaque nuage à l'avenir d'un oeil plus attentif.
Nous essayons de joindre Mangaia mais visiblement nous avons pris de l'avance et ne sommes plus à portée de VHF...
Le bateau marche bien et nous faisons peu de moteur, le ciel est cependant toujours très couvert et la pluie ne cesse guère.
La nuit tombe rendant les grains beaucoup plus difficile à distingués, pour ne pas se faire surprendre le solent est établie sur l'étain largable. Cela nous nous empêche pas de filer à plus de 6 noeuds par un flux d'est de 20 noeuds.
L'anémomètre n'envoie que périodiquement ses infos, le pauvre n'a pas eu trop l'occasion de se charger, nous n'avons pas en effet pas vu beaucoup de soleil depuis une semaine!
Pendant toute la première partie de la nuit le ciel est zébré d'éclairs, sans encombre pour nous cependant, puisqu'aucun mauvais grain ne vient perturber notre marche rapide.
Jeudi 8 novembre:
Le jour se lève et nous voyons enfin du ciel bleu, Nous filons toutes voiles dehors au prés bon plein dans 10nd de vent et toujours cap droit sur les Canaries. Après 48h de nav notre moyenne est de 5,2nds ce qui est très honorable vu les conditions rencontrées.
Vers 13h il n'y a plus un nuage à l'horizon et Sao Paulo s'improvise étendoir, on peut enfin faire sécher les serpillères, saloppettes, vestes de quarts, bottes et chaussettes....malheureusement l'odeur piquante les chaussettes d'Aymeric ne part pas en séchant!
Le vent tourne dans la nuit mais pas comme nous l'aurions souhaité, 15nds en plein dans le nez...on décide de mettre le moteur pour faire route plutôt que de se fatiguer à tirer des bords!
Durant la journée on arrive à faire quelques heure à la voiles mais c'est la moteur qui prédomine et les grains sont de retour.
Vendredi 9 novembre:
Un premier poisson à été cuisiné à la vapeur avec avec une marinade à l'huile d'olive et coriandre et le reste à la cocotte avec une bonne sauce...plusieurs repas sont assurés même si l'on s'efforce de vider le frigo éteint depuis le début.
Après quelques heures de sommeil le capitaine se lève, on remet 20L de gasoil et on coupe le moteur...le vent tourne enfin un peu et nous permet de tenir le cap.
La GV (avec 1ris) et le solent sont hissés quand vers 0h00 on entend un gros bruit inhabituel...quelques secondes suffisent pour se rendre compte que c'est la pièce de fixation de l'étai largable en tête de mat qui s'est arrachée...branle-bas de combat, Sophie s'équipe et Aymeric va sur la plage avant. On choque la GV pour arrêter le bateau et on lache la drisse du solent pour l'affaler, mais rien à faire la drisse est coincée... Aucun autre choix que de monter au mat, on allume le moteur après avoir affalé la GV et on se met par vent arrière. Après quelques minutes un niveau des barres de flèches, tout est mis en ordre. Seule la voile est un peu abîmée avec un oeillet de mousqueton arraché, et la drisse a perdu sa gaine sur plusieurs mètres. Malgré tout, nous sommes presque heureux que cela se soit produit dans des conditions convenables (15 noeuds de vent), cela aurait pu être beaucoup plus problématique dans une baston. Il semble que l'apprenti bricoleur est trop fait confiance au SIKA qui collait la pièce au mât, et qu'il n'ait pas assez mis de rivets, comme on le lui avait d'ailleurs conseillé. Ceci dit, tout a pu être récupéré, il s'agit maintenant de recommencer le collage, de manière plus sérieuse. Cela sera la grosse mission bricolage des Canaries.
On continue ensuite un peu au moteur pour se remettre de nos émotions, puis on renvoie la toile.
Samedi 10 novembre:
Après une nuit un peu compliquée, dans une mer croisée, le portant tant attendu s'établit enfin vers 6h du matin. C'est du force 6, dans une mer plutôt creusée, qui ne rend pas la fin de la navigation confortable, mais nous avançons vite!
Dimanche 11 novembre:
Vers 2 heures du matin nous voyons enfin la phare le plus au nord des Canaries, le phare de Punta Delgada. Vers 6 heures, malgré une nuit bien noire, nous mouillons sans encombre à la playa Francesca, au sud de l'ile Graciosa.
Bilan: Nous avons mis un peu moins de 5 jours pour rallier les Canaries de Gibraltar, avec une moyenne nettement supérieure à 5 noeuds. Le bateau a très bien marché sous toute les allures, ce qui est une grande satisfaction. La casse de l'étai largable est uniquement due au piètre travail effectué par le capitaine, qui ne doit s'en vouloir qu'à lui-même... et recommencer! Nous avons très bien géré notre rythme de sommeil durant cette première longue traversée, optant plutôt pour des longs quarts, permettant à celui qui dort de vraiment se reposer. Notre consommation d'eau a aussi été très faible, ce qui est de bonne augure pour la transat'. Les points à améliorer: le rangement: encore trop de choses traînent et doivent trouver une place plus optimale ; les poubelles: on a, en si peu de temps accumulé 2 poubelles (en comptant 2 jours de mouillage à Graciosa), cela risque de remplir les coffres pour la transat!!
Nous profitons maintenant de ce spot magnifique qu'est Graciosa. Un havre de paix, bien préservé du tourisme, des plages de sable fin, et un paysage volcanique à couper le souffle. Nous prenons ici un repos bien mérité, dans des températures très douces, même si le ciel reste assez nuageux...