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mardi 13 novembre 2012

De Gibraltar à Graciosa

Ça y est, on va enfin rejoindre l'Atlantique!

Mardi 6 novembre:
7h30: Allez debout!! Et autant vous dire que ce n'est pas facile de se lever aussi tôt quand depuis 1 mois et demi on suit le rythme et les envies de notre organisme!
Petit dèj, vaisselle, plein d'eau (on a fait le plein de gasoil à Gib en détaxe!), omelettes et pommes de terres fait la veille au frais, une bonne dernière douche, le plein de pain et on est prêt pour le grand départ.
C'est avec la pluie (pour changer un peu) que l'on vérifie une dernière fois la météo à la capitainerie puis on hisse les voiles (GV et génois) et nous voilà parti à plus de 6 noeuds bercés par le bruit des cornes de brumes.
Mangaia part en même temps que nous, mais nous devons dire que nous l'avons rapidement distancé!

12h00: Visiblement on a fait une erreur dans nos calculs, ou alors les instructions nautiques ne sont pas bonnes, on avance à 3,5 noeuds pendant 2 heures (en vitesse fond) alors que Sao Paulo devrait marcher marcher à au moins 5,5 noeuds, nous avons donc le courant contre, alors que nous avions prévu l'heure de départ pour l'avoir avec nous...

A l'approche de Tarifa le vent fraîchit et la mer se creuse. On prend un peu tarif à Tarifa, on passe le cap en même temps qu'un gros catamaran avec à leur bord des matelots sautant de joie, tout comme nous!
Il s'ensuit une chevauchée fantastique de 6heures à 7,5noeuds de moyenne, dont 2 pointes à plus de 10 noeuds....le capitaine est euphorique! Il faut dire que nous sommes notoirement surtoilé (GV 1ris+génois), soit quasiment toute la toile avec 30 noeuds de vent!!
La mer est creusée et déferle pas moment, on n'est à Gibraltar pour rien.....
Nous sommes ainsi officiellement en Atlantique et Sao Paulo est plein d'ardeur.
A la tombée de la nuit le vent et la mer se calment un peu, on affale tout de même la grand voile afin que Joe (notre pilote auto et meilleur ami!) puisse barrer tranquillement.

A noter les exercices des sauveteurs devant Tarifa, c'est toujours impressionnant de voir les hommes grenouilles passer d'un hélico à un bateau...


Mercredi 7 novembre:
Sophie se lève avec l'agréable surprise de constater que son bien aimé n'est pas seulement un capitaine magnifique mais aussi un pêcheur hors pair...ou serait ce juste l'arrivée en Atlantique?! 4 poissons en moins d'heures, c'est plus que durant nos deux années de nav en méditerrannée!!
On est tellement obnubilé par cette pêche miraculeuse qu'on remarque un peu tardivement un gros grain bien noir sur noir devant nous, on a à peine le temps d'enrouler le génois qu'on se prends une bonne grosse baston! En 5min le vent passe de 15 à 40 noeuds avec une pluie battante. Après un bon quart d'heure ça se calme enfin et heureux est de constater qu'il n'y a pas de casse. 


Voilà une belle photo d'un grain, même si celui n'était pas très méchant (il n'est pas assez noir!)

Notre vigilance est pour le coup accru et nous scruterons chaque nuage à l'avenir d'un oeil plus attentif.
Nous essayons de joindre Mangaia mais visiblement nous avons pris de l'avance et ne sommes plus à portée de VHF...
Le bateau marche bien et nous faisons peu de moteur, le ciel est cependant toujours très couvert et la pluie ne cesse guère.
La nuit tombe rendant les grains beaucoup plus difficile à distingués, pour ne pas se faire surprendre le solent est établie sur l'étain largable. Cela nous nous empêche pas de filer à plus de 6 noeuds par un flux d'est de 20 noeuds.
L'anémomètre n'envoie que périodiquement ses infos, le pauvre n'a pas eu trop l'occasion de se charger, nous n'avons pas en effet pas vu beaucoup de soleil depuis une semaine!
Pendant toute la première partie de la nuit le ciel est zébré d'éclairs, sans encombre pour nous cependant, puisqu'aucun mauvais grain ne vient perturber notre marche rapide.

Jeudi 8 novembre:
Le jour se lève et nous voyons enfin du ciel bleu, Nous filons toutes voiles dehors au prés bon plein dans 10nd de vent et toujours cap droit sur les Canaries. Après 48h de nav notre moyenne est de 5,2nds ce qui est très honorable vu les conditions rencontrées.
Vers 13h il n'y a plus un nuage à l'horizon et Sao Paulo s'improvise étendoir, on peut enfin faire sécher les serpillères, saloppettes, vestes de quarts, bottes et chaussettes....malheureusement l'odeur piquante les chaussettes d'Aymeric ne part pas en séchant!

Le vent tourne dans la nuit mais pas comme nous l'aurions souhaité, 15nds en plein dans le nez...on décide de mettre le moteur pour faire route plutôt que de se fatiguer à tirer des bords!
Durant la journée on arrive à faire quelques heure à la voiles mais c'est la moteur qui prédomine et les grains sont de retour.

Vendredi 9 novembre:
Un premier poisson à été cuisiné à la vapeur avec avec une marinade à l'huile d'olive et coriandre et le reste à la cocotte avec une bonne sauce...plusieurs repas sont assurés même si l'on s'efforce de vider le frigo éteint depuis le début.
Après quelques heures de sommeil le capitaine se lève, on remet 20L de gasoil et on coupe le moteur...le vent tourne enfin un peu et nous permet de tenir le cap.
La GV (avec 1ris) et le solent sont hissés quand vers 0h00 on entend un gros bruit inhabituel...quelques secondes suffisent pour se rendre compte que c'est la pièce de fixation de l'étai largable en tête de mat qui s'est arrachée...branle-bas de combat, Sophie s'équipe et Aymeric va sur la plage avant. On choque la GV pour arrêter le bateau et on lache la drisse du solent pour l'affaler, mais rien à faire la drisse est coincée... Aucun autre choix que de monter au mat, on allume le moteur après avoir affalé la GV et on se met par vent arrière. Après quelques minutes un niveau des barres de flèches, tout est mis en ordre. Seule la voile est un peu abîmée avec un oeillet de mousqueton arraché, et la drisse a perdu sa gaine sur plusieurs mètres. Malgré tout, nous sommes presque heureux que cela se soit produit dans des conditions convenables (15 noeuds de vent), cela aurait pu être beaucoup plus problématique dans une baston. Il semble que l'apprenti bricoleur est trop fait confiance au SIKA qui collait la pièce au mât, et qu'il n'ait pas assez mis de rivets, comme on le lui avait d'ailleurs conseillé. Ceci dit, tout a pu être récupéré, il s'agit maintenant de recommencer le collage, de manière plus sérieuse. Cela sera la grosse mission bricolage des Canaries.

On continue ensuite un peu au moteur pour se remettre de nos émotions, puis on renvoie la toile. 

Samedi 10 novembre:
Après une nuit un peu compliquée, dans une mer croisée, le portant tant attendu s'établit enfin vers 6h du matin. C'est du force 6, dans une mer plutôt creusée, qui ne rend pas la fin de la navigation confortable, mais nous avançons vite!



Dimanche 11 novembre:
Vers 2 heures du matin nous voyons enfin la phare le plus au nord des Canaries, le phare de Punta Delgada. Vers 6 heures, malgré une nuit bien noire, nous mouillons sans encombre à la playa Francesca, au sud de l'ile Graciosa. 
Bilan: Nous avons mis un peu moins de 5 jours pour rallier les Canaries de Gibraltar, avec une moyenne nettement supérieure à 5 noeuds. Le bateau a très bien marché sous toute les allures, ce qui est une grande satisfaction. La casse de l'étai largable est uniquement due au piètre travail effectué par le capitaine, qui ne doit s'en vouloir qu'à lui-même... et recommencer! Nous avons très bien géré notre rythme de sommeil durant cette première longue traversée, optant plutôt pour des longs quarts, permettant à celui qui dort de vraiment se reposer. Notre consommation d'eau a aussi été très faible, ce qui est de bonne augure pour la transat'. Les points à améliorer: le rangement: encore trop de choses traînent et doivent trouver une place plus optimale ; les poubelles: on a, en si peu de temps accumulé 2 poubelles (en  comptant 2 jours de mouillage à Graciosa), cela risque de remplir les coffres pour la transat!!

Nous profitons maintenant de ce spot magnifique qu'est Graciosa. Un havre de paix, bien préservé du tourisme, des plages de sable fin, et un paysage volcanique à couper le souffle. Nous prenons ici un repos bien mérité, dans des températures très douces, même si le ciel reste assez nuageux...
Panorama la tête sortie de la cabine avant!


















6 commentaires:

  1. Hello my little mariners.... it looks gggrrreeeaaat!!!! where are pics of fish?? Lots of hugs from across the atlantic... Mum

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  2. Bravo les flibustiers,vous avez assuré,et pas au train de l'escargot!!
    La 2eme vidéo, a l'approche des Canaries,rend bien l'allure,ça décoiffe!
    Le problème de l'étai largable démontre qu'il ne faut pas hésiter à adopter les conseils avisés..mais ça fait partie de l'expérience en cours.
    Grosses bises à tous les 2..Ici enfin un beau soleil..
    Le papa du marin..

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  3. Les mamans sont en première ligne pour vous suivre..!!!
    On est autant secoué que vous en regardant les vidéos du blog
    et je ne réclame pas la photo d'Aymeric accroché en haut du mât...
    Bisous à nos marins
    Marie-Claude

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  4. Bienvenu à Graciosa la Belle ! Profitez en bien, car avant d'en voir une autre comme celle là, vous allez devoir en faire des milles !

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  5. Les dés sont arrivés à bon port. Merci pour la gentille attention. Bon vent pour votre belle aventure. Une bise stéphanoise.
    Mamie

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  6. Alors ce rangement,les amoureux,vous en êtes où???
    Et les travaux pour l'étai largable?
    J'espère que vous profitez d'un beau soleil...ici il est déjaà reparti!
    Bises Auvergnates.
    Le papa du marin.

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